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Tue-Loup (France)
Tue-Loup sonne aussi singulièrement que
le nom qui le désigne depuis 1996 autour de Xavier Plumas
(chant, guitares, harmonica), Thierry Plouze (guitare
électrique), Romain Allanot (batterie) et initialement
Stéphane Gosnet (basse). L’actuelle formation
s’est enrichie du bassiste Eric Doboka et du pianiste
Christian d’Asfeld
Ce qui définit Tue-Loup, en premier lieu, c’est son
authenticité : ici, les mots comme la musique
procèdent d’une expérience de vie et creusent
une résonance dans le cœur et l’esprit de
l’auditeur. La subtilité harmonique, mélodique
accentue la portée émotionnelle des textes. Le ton
poétique rend les mots énigmatiques, curieusement
familiers, nous rendant tangibles la difficulté
d’être, le vertige devant la vie, sans pour autant
nous y enfermer.
Car dans le même temps survient la nécessité
de vivre et la recherche de ce qui peut sauver : peut-être
la musique, les mots, l’amour... « Aimer » est
bien le « verbe fort », dans toute son ambivalence. Si
l’amour est ce qui sauve, c’est aussi
l’élément de la perte; ce qui éclaire
et réchauffe est susceptible de brûler et de
consumer. Les couleurs que recèlent l’imaginaire de
Tue-Loup offrent des reflets changeants : les bleus peuvent virer
au noir, puis du noir éclore des roses au parfum
écarlate. Que la beauté incandescente de notre vie
nous perce, nous blesse, c’est peut-être là un
des meilleurs moyens pour « laisser un passage à
l’ange » semble nous insinuer l’ensemble de ces
chansons et de cette musique.
Les disques de Tue Loup contiennent une pesanteur, de celle
que nous éprouvons lorsque nous sommes tout proches de
l’Ange qui habite certaines grandes
œuvres, et nous aident, par là même,
à nous sentir plus léger. Tels les traces d’un
engagement grinçant et voluptueux, ils nous convoquent
à apprivoiser les dissonances qui nous hantent, à
aimer « La Belle Inutile » (notre vie).
Ce sixième album, comme les précédents, a
été enregistré loin des studios
conventionnels (trop aseptisé peut-être), dans une
maison de campagne sarthoise. Ce qui explique en partie
qu’on y ressente circuler la vie intensément. Rachel
au Rocher (2005) contient d’autres constantes du groupe : la
profondeur habite chaque note, chaque mot ; la voix
âpre-douce de Xavier Plumas nous piège toujours dans
ces refrains dont il est difficile de sortir indemne. Tue-Loup
continue de développer un langage personnel dans un souci
constant de renouvellement. Comme dans l’opus
précédent (Penya), il mêle parfois à sa
base country-rock des couleurs jazz, une trompette nous
surprend agréablement sur certaines chansons. Les climats
intimistes des premiers albums cèdent désormais la
place à des espaces de plus en plus ouverts.
Tous les textes sont signés par Xavier Plumas sauf «
Je m’aplatis » de l’écrivain normand
Stéphane Herzog, contrepoint à l’univers
poétique de Xavier, peut-être par sa résonance
plus urbaine. Cependant, ce morceau s’inscrit parfaitement
dans la cohérence du projet : il évoque comme
l’ensemble des titres de Rachel au Rocher une sorte de
dilatation de l’être à travers le monde
alentour, une expérience de l’illimité, un
contact avec les choses et les êtres intense.
Les 11 titres de se nouvel album se situent dans des
tonalités beaucoup plus claires. Les textes autant que la
musique nous plongent dans un onirisme délié et
subtil : rêve fiévreux et envoûtant de «
City light », toile aérienne et lumineuse
tissée par « Les yeux de l’âne » ;
«Corps de bête » ou « je n’ai pas
soupé » (entre autres) donnent la mesure du sentiment
amoureux (vastitude, plénitude) à travers
l’évocation d’une adhérence presque
sensuelle à la nature.
Rachel au Rocher laisse vibrer la lumière d’une aube
savoureuse; un souffle clair et charnel parcourt cet espace sonore
et imaginaire où l’on déambule avec
délectation. concerts : DESSOUS DE SCENE PRODUCTIONS +33 (0)4 50 22 85 98 +33 (0)6 16 905 400 jean-luc@dessousdescene.com www.dessousdescene.com
Rachel au Rocher (2005)
Distribution Naïve
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